Activistes sur le retour

Robert Redford (Jim Grant) et Richard Jenkins (Jed Lewis) au musée... - Crédits : Voltage Pictures

Robert Redford (Jim Grant) et Richard Jenkins (Jed Lewis) au musée… – Crédits : Voltage Pictures

Dans Sous surveillance, Robert Redford campe un ancien militant politique rattrapé par son passé trouble. Père rangé, avocat reconnu, il est brusquement dévoilé par un jeune journaliste tenace. Mais si l’intrigue est prenante, le film manque de profondeur.

Jim Grant exerce la profession d’avocat à Albany, dans l’état de New York. L’arrestation de Sharon Solarz, ancienne membre du Weatherman, va cependant le pousser à basculer dans la clandestinité et à partir en cavale. Mais Ben Shepard, reporter au Albany Times et enquêteur insistant à l’affût d’un scoop, entend bien relier les points…

Dans son 9e long-métrage, le réalisateur Roberd Redford campe ainsi un septuagénaire au parcours ambigu. L’occasion pour cet amoureux des grandes causes d’évoquer les sombres heures du militantisme étudiant étasunien des années 1970 à travers le Weather Undergroud, cette organisation héritière de la SDS (Students for Democratic Society) qui prôna et pratiqua, entre 1969 et 1977 en réaction à la guerre du Vietnam et à la politique américaine, la « propagande armée », une forme d’action politique violente comprenant notamment des attentats à la bombe (sans victime).

Révolutionnaires ou terroristes ?
Le film pose ainsi les questions souvent évoquées mais toujours très actuelles de la légitimité des mouvements de « résistance » et de lutte armée contre un état jugé totalitaire et liberticide. S’il est difficile de comparer les Etats-Unis des années 1970 avec la Syrie ou la Turquie actuelle, certaines problématiques se rejoignent indubitablement.
L’autre grand sujet évoqué ici et cher à Redford est celui de l’action de la presse et de la place du droit à l’information. Car si le personnage de Ben Shepard, interprété par Shia LaBeouf, introduit l’enquête et marche dans le sens de la vérité, il utilise lui aussi des moyens contestables et n’hésite pas à bousculer tout et chacun sur son passage dans sa quête d’une prétendue révélation.

Par ailleurs, Sous surveillance pâtit malheureusement d’un écueil trop courant dans les films de Robert Redford : un manichéisme un peu simpliste pour des sujets si complexes. Enfin, si le jeu des acteurs ne fait globalement pas débat, difficile en revanche de ne pas associer mentalement le petit groupe d’anciens militants avec la burlesque troupe de « Retraités Extrêmement Dangereux » canardeurs de l’hilarant film RED (2010). Pas évident de rester sérieux…

Sous Surveillance (The company you keep)
de Robert Redford
avec Robert Redford, Susan Sarandon, Shia LaBeouf, Julie Christie, Nick Nolte, Chris Cooper…
sorti le 8 mai 2013
121 min

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