Chute libre

Whip (Denzel Washington) et Nicole (Kelly Reilly) dans Flight - Source : Paramount

Whip (Denzel Washington) et Nicole (Kelly Reilly) dans Flight – Source : Paramount

Robert Zemeckis nous a habitué au meilleur. Depuis À la poursuite du diamant vert (1984) jusqu’à Seul au monde (2000) en passant par les Retour vers le futur (1985, 1989 et 1990), Forrest Gump (1994) ou Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988), l’homme excellait à nous divertir et à nous surprendre, à nous émouvoir et nous river à notre siège.
C’en est visiblement terminé de cette belle époque. Le « Spielberg alternatif », le héros de notre enfance nous a pondu un bon film américain moralisateur.

Flight raconte l’histoire de Whip Whitaker, pilote de ligne pour une compagnie aérienne étasunienne. Lors d’un vol banal, l’avion menace de s’écraser au sol avec plus de 100 personnes à son bord en raison d’une avarie technique.
Malgré sa courte nuit, sa forte alcoolémie et la cocaïne qu’il a dans les narines, Whip fait miraculeusement atterrir l’engin dans un champ. Mais la frontière entre le héros national et le dangereux irresponsable est mince.
Car si l’état de l’appareil est évidemment en cause, les tests sanguins du bonhomme ne laissent pas les enquêteurs indifférents…

Si vous rechercher les mots les plus prononcés dans ce film, ne vous donnez pas la peine d’aller le voir, voici la réponse : GodJesusalcoholalcoholicproblem et lie.
Après une scène introductives pourtant absolument stupéfiante permettant au spectateur d’atteindre des sommets de tension nerveuse, nous assistons, désemparés, aux beuveries régulières et prévisibles de Whitaker interprété par un Denzel Washington rejouant encore et encore l’homme-épave de Man on Fire.

Puis survient sa rencontre plus que téléphonée avec une jeune droguée en rémission (parce qu’elle sait que Dieu est à ses côtés…) : Nicole, qui prouve encore une fois que Kelly Reilly n’est pas plus douée pour la comédie que lorsqu’elle jouait la séduisante colocataire britannique de L’auberge espagnole.
Enfin, l’avocat du pilote (Don Cheadle) semble le seul personnage important de l’histoire à parvenir à tirer profit d’une direction d’acteurs pour le moins convenue.

Si Zemeckis parait avoir un sacré passif avec les avions depuis Seul au monde, Flight nous laisse supposé qu’il a aussi viré bigot et qu’il a fréquenté les réunions des AA.

La morale : mentir sur ses addictions, c’est mal. Reconnaître les bienfaits de Dieu dans le processus de désintoxication, c’est bien.
N’allez pas voir ce film.

Flight
de Robert Zemeckis
avec Denzell Washington, Kelly Reilly, Don Cheadle
138 min

2 réflexions au sujet de « Chute libre »

  1. Je trouve ta critique tres pertinente! Neanmoins, je ne comprendspas pourquoi tu trouves que Don Cheadle s’en tire, il est peu present, et l’argumentaire est carrement incroyable: il repete a plusieurs fois « On va mettre acte de Dieu dans les raisons de l’accident ». La premiere partie est tout de meme bien menee et l’idee de depart pas si mal non?

    • Je parlais juste de sa capacité à jouer un personnage crédible alors que les autres versent tous dans la caricature de ce qu’ils ont déjà incarné, ou semblent sortis d’un mauvais blockbuster.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>