Comedia dell’arte et syndicalisme

L'accidenté, son médecin et l'épouse de son double - Source : Théâtrorama

L’accidenté, son médecin et l’épouse de son double – Source : Théâtrorama

Lorsqu’un grand patron italien se retrouve malgré lui dans la peau d’un syndicaliste… La pièce Klaxon, trompettes… et pétarades de Dario Fo, entre satire politico-sociale et farce italienne, est au Théâtre 14 à Paris jusqu’à fin avril.

Antonio est ouvrier sur les chaînes de montage de la FIAT, la célèbre Fabrique Italienne d’Automobiles de Turin. Un soir, il assiste à un terrible accident dans lequel un homme frôle la mort et en sort grièvement brûlé. Le vaillant CGTiste dépose l’accidenté méconnaissable à l’hôpital le plus proche, lui laissant par erreur sa veste contenant son portefeuille. C’est cet oubli qui poussera les médecins à se méprendre sur l’identité du blessé, allant jusqu’à lui refaire le visage à l’image de son sauveur.

Or, l’infortuné carbonisé est Gianni Agnelli, grand dirigeant de FIAT et incarnation du grand capitalisme entrepreneurial italien. Il n’en faut pas davantage pour pousser les deux hommes dans un quiproquo absurde aux allures de comédie du XVIe siècle.

Mélange des genres
Écrite en 1981, après les « années de plomb » qui marquèrent la société italienne de l’empreinte de l’activisme politique armé,  Klaxon, trompettes… et pétarades est une joyeuse satire des antagonismes entre la classe ouvrière militante et les milieux politico-économiques. On y retrouve les claquements de porte du théâtre de boulevard, les cocasseries de Molière et la folie lubrique des comédies italiennes de la fin de la Renaissance.

La mise en scène de Marc Prin, interprétée par un quintet d’acteurs survoltés, en fait toutefois un peu trop. Le texte en pâtit et, mise à part une scène extraordinaire au cours de laquelle l’épouse d’Antonio jongle à son insu avec son époux et son double, le spectateur trouvera peut-être le temps long. Volontairement excessif et tout bonnement déjanté, le jeu des acteurs n’en est cependant pas moins bon.
Choix original : les coulisses restent visibles, permettant au spectateur de suivre d’un œil les changements de costumes des interprètes.

Klaxon, trompettes… et pétarades
de Dario Fo
mis en scène par Marc Prin
avec Anne et Céline Dupuis, Gérald Cesbron, Milena Esturgie et Gilles Ostrowsky
au Théâtre 14
jusqu’au 27 avril

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