Froid polaire

Martin Fermant

Martin sort de l’immeuble en frissonnant. L’air froid et sec le saisit instantanément. Il relève le col de son manteau et fourre ses mains dans ses poches avant de s’engager d’un pas décidé dans la rue. Arrivé au croisement, il hésite une seconde et continue sur le boulevard. Il se concentre sur ses pas, sur la route à suivre, sans un regard pour les passants ou le décor qui l’entoure. Descendre l’avenue, emprunter la petite rue pavée jusqu’au square et longer l’église. Devant la caserne, il s’arrête un instant et sort une cigarette. La morsure du froid est si cruelle qu’il peine à actionner la pierre de son briquet. Il souffle un large panache de fumée mêlée de vapeur expirée et reprend son chemin. Martin n’a pas de destination. Il espère seulement que marcher le réchauffera. Il a fui la glaciale petite chambre qu’il loue à prix d’or au rez-de-chaussée d’un immeuble du centre-ville et cherche un abri chaud et accueillant. Il hésite une fois encore devant la bibliothèque municipale puis opte pour la grande librairie sur l’avenue. Passées les doubles portes vitrées, l’air est chaud, presque étouffant et les frissons qui agitaient ses mains se calment. Il décrispe son cou et ouvre sa veste. Il a deux heures à tuer avant de repartir.

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