Hivernage

Martin Fermant

Martin change de saison à l’odeur. Ce matin, l’air le frappe dès l’ouverture de la porte donnant sur la rue. Un air vif et sec, nuancé de doux relents d’ozone et de terre humide. Le froid tente une percée, mais Martin relève vivement son col et fourre ses mains dans ses poches. Le parfum est prometteur. Il ouvre la saison des chocolats chauds bus à la tombée de la nuit, à l’heure du goûter. Celle des midis éclatants d’un soleil gelé, des petits nuages de vapeur devant la bouche et des dimanches frileux aux rues désertes. C’est aussi l’évocation d’autres senteurs, la sève de pin et les plats mijotés, l’odeur de la condensation et des pulls en laine et de la poussière chaude sur les radiateurs.

Martin sourit. Timidement, car ses lèvres gercent déjà.

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