Hopper en grand

Edward Hopper, Soir bleu, 1914, Whitney Museum of American Art, New York

Face au succès de l’exposition des œuvres d’Edward Hopper au Grand Palais, à Paris, les organisateurs ont décidé de la prolonger d’une semaine. Une occasion en or de (re)découvrir cet artiste aux multiples facettes et au parcours passionnant.

C’est finalement le 3 février, et non le 28 janvier, que fermera ses portes l’imposante exposition temporaire consacré au maître de l’art moderne américain Edward Hopper. Les galeries du Grand Palais à Paris accueillent en effet depuis le 10 octobre dernier plus d’une centaine d’illustrations, de gravures et de peintures du célèbre New-Yorkais.

Un artiste aux talents multiples
Outre ses célèbres toiles, l’exposition du Grand Palais présente, par type de techniques et  par ordre chronologique, de nombreuses illustration exécutées par Hopper pour des magazines américains au début des années 1920, ainsi que les aquarelles qui ont lancé sa carrière. On y trouve aussi quelques gravures révélant une facette peu connu de l’artiste. Certaines d’entre elles préfigurent cependant déjà ses réalisations majeures, dans l’utilisation de la lumière, la composition des scènes ou le traitement des sujets. Chose rare, les premières salles accueillent aussi quelques œuvres de ses contemporains ou de ses prédécesseurs, permettant ainsi au visiteur de mieux appréhender les tendances de l’époque et de retrouver les sources d’inspiration de Hopper. En tête desquelles Edgar Degas et quelques impressionnistes français dont les techniques l’ont fortement imprégné lors de ses 3 voyages d’étude en Europe entre 1906 et 1910.

De la nature à la chambre
Représentant d’abord des paysages de l’est américain, où la présence humaine n’est parfois que suggérée par une route, un poteau télégraphique ou de lointaines lueurs, ou des vues de petites agglomérations rurales, Hopper va rapidement glisser vers des sujets plus fantasmés, davantage porteurs d’une vision très intime de l’humain qui demeurera sa marque de fabrique.
Tout le monde connait Oiseaux de nuits (Nighthawks, 1942), sa toile la plus célèbre. Elle recèlent toutes les « recettes » de son art :

  • des jeux de lumière subtiles, entre pénombre, lumière crue et lueur projetée,
  • la ville, la cité sur le modèle new yorkais, à la fois gigantesque et intime, froide et réconfortante, moderne et nostalgique,
  • les sujets humains, beaux et distants, ancrés dans leur époque et pourtant atemporels, marqué par une expression de sérénité évoquant douloureusement l’ennui ou la tristesse,
  • l’absence de démarcation entre les intérieurs et les extérieurs : la vitrine opère comme un plan de coupe, révélant ce qui est généralement caché.

Tous ces éléments se retrouvent dans nombre de ces toiles et fait de l’exposition une sorte de promenade dans l’univers intérieur de Hopper. Un cheminement partant du réel, de ces lieux visités par le peintre au début de sa carrière comme la petite ville de Gloucester, puis menant à des appartements nus au lever du jour, à des rues vides au coucher du soleil ou à des scènes domestiques figées dans une lumière électrique sans origine précise.

Mais où l’on peut voir la tristesse, voire l’aliénation de l’homme de l’humain dans la métropole démesurée, il est aussi possible de distinguer l’exploration de soi, le retour à l’intime, comme une autre nature plus sauvage et plus méconnue que ces collines verdoyantes de la Nouvelle Angleterre.

Exposition Edward Hopper au Grand Palais, à Paris
du 10 octobre 2012 au 3 février 2013

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