Quentin déchaîné

Dr King Schultz (Christoph Waltz) et Django Freeman (Jamie Foxx) dans Django unchained (2012)

Dr King Schultz (Christoph Waltz) et Django Freeman (Jamie Foxx) dans Django unchained (2012) – Source : Metro France

Entre épique fable wagnérienne et western spaghetti parodique, le dernier long métrage de l’excentrique Tarantino joue aux poupées russes. Le très jouissif Django unchained accumule les pastiches et références avec brio.

Hémoglobine et dialogues absurdes sont, depuis Reservoir Dogs (1991), les indéfectibles marques de fabrique de l’ancien projectionniste et loueur de vidéo aujourd’hui prodige du cinéma. Deux armes redoutables que l’on retrouve au mieux de leur forme dans Django unchained, les aventures sauvagement cocasses d’un chasseur de prime allemand épaulé par un esclave noir fraîchement affranchi à la recherche de sa femme, dans le sud des États-Unis à la veille de la guerre de Sécession (1861-1865).

Le premier, Dr King Schultz interprété par un Christoph Waltz plus combinard que jamais, sait embobiner son auditoire et n’hésite pas à dépenser de l’argent pour en gagner. Le second, assoiffé de vengeance et aiguillonné par la passion, offre à Jamie Foxx l’occasion de déployer, avec le personnage de Django, un potentiel comique que les Français lui connaissent peu. Et cela pour le plus grand plaisir du spectateur tantôt éclaboussé par les geysers de sang, entraîné par une bande-originale savoureusement rétro et pleine d’anachronismes, ou émerveillé par l’exceptionnelle distribution des rôles tous brillamment incarnés. Car en plus de la star germanophone d’Inglourious Basterds (2009) et l’interprête « oscarisé » de Ray (2004), on retrouve avec délice Don Johnson en maître de plantation aux airs de Colonel Sanders, Samuel L. Jackson en vieux domestique au regard de serpent, et surtout Leonardo DiCaprio, trafiquant d’esclaves psychotique. Mais aussi Kerry Washington, Jonah Hill ou Quentin Tarantino lui-même, dans un petit rôle auto-parodique frisant l’absurde.

Django unchained est donc une merveille à bien des titres, plus subtil que les deux dernières réalisations de son auteur, plus palpitant que Pulp Fiction, plus envoûtant que Jackie Brown et presque aussi sanguinolent que Kill Bill. On y redécouvre des dialogues rappelant les meilleurs trouvailles des frères Coen, des clins d’œil aux grand classiques et aux précédentes œuvres de Tarantino. En bref, c’est probablement son meilleur film. Il faudra sans doute le revoir deux ou trois fois pour s’en assurer…

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