Un sacré shock

L'arrivée à Columbia - Source : communauté Steam

L’arrivée à Columbia – Source : communauté Steam

Le jeu vidéo Bioshock Infinite, dernier né d’Irrational Games, permet d’incarner Booker DeWitt, un privé américain envoyé dans la ville volante de Columbia pour enlever une jeune femme. La cité idéale sous la coupe d’un fanatique autoritaire aura cependant du mal à s’accommoder de la présence tumultueuse de ce trouble-fête. Sauvetage de haut vol au milieu d’un ciel en pleine tempête…

Difficile de passer à côté : Bioshock Infinite s’affiche depuis plusieurs semaines dans tous les lieux publics. Opération réussie pour l’éditeur 2K, déjà parrain de Bioshock 1 et 2 (2007 et 2010) ou des grands titres Borderlands et Mafia 2, puisque ce troisième volet est encensé par la critique et le public.

Bleu rouge blanc dessus… noir et sang dessous
On y joue Booker DeWitt, un enquêteur privé new-yorkais chargé, en 1912, de trouver la jeune Elizabeth et de la remettre à de mystérieux commanditaires en échange d’une dette de jeu. « Ramenez la fille et nous effacerons la dette » serinent-ils à l’envi. Sale boulot puisque voici l’aventurier propulsé malgré lui au-dessus des nuages de la côte Est, dans la secrète ville volante de Columbia. Créée par l’illuminé Zachary Comstock, en réaction à une nation américaine qu’il jugeait corrompue et en rupture avec les ambitions de ses pères fondateurs, Columbia est propre, belle, douce à vivre. Mais aussi farouchement WASP (white anglo-saxon protestant : protestant blanc anglo-saxon) et terriblement hypocrite. Racisme et bigoterie sont les deux piliers de cette violente caricature des États-Unis. Et les moyens employés par Comstock et ses suppôts pour maintenir cette belle façade justifient amplement l’interdiction du jeu aux mineurs…

Bioshock Infinite est un jeu de tir à la première personne (FPS : first person shooting), comme ses deux prédécesseurs. Outre l’arsenal d’armes à feu habituelles, améliorables au cours du jeu via des automates, Booker apprend rapidement que le génie dans la bouteille sera d’un grand secours. Il acquerra ainsi différents pouvoir en goûtant aux précieux toniques, des élixirs magiques aux effets divers (décharges électriques, boules de feu, vols de corbeaux assassins…) le transformant en machine à tuer.

Un véritable défi
Si les ressorts de gameplay (techniques de jeu : tir, magie, errances et batailles de grandes envergures) sont assez communs, la réalisation visuelle et l’ambiance sont grandioses. Dès les premiers instants, l’immersion est totale. L’action ne s’interrompt que rarement pour laisser la place à un scénario brillamment déroulé et plein de rebondissements. Pas de cinématiques fastidieuses, pas de QTE (quick time events : phase de jeu minimalistes au cours desquelles le joueur doit appuyer sur les bonnes touches au bon moment afin de dérouler l’action) et une durée de vie très appréciable pour un FPS (une quinzaine d’heures pour les plus rapides, trente bonnes heures pour finir une première partie intéressante) sont les atouts précieux de ce titre.
Enfin, trois niveaux de difficulté répondent aux attentes de chaque joueur, et un ultime palier (le mode 1999) pour un défi réservé aux plus persévérants se débloque après une première partie terminée. La rejouabilité est amplement assurée tant l’univers est vaste et tant la manière d’aborder un combat est libre. Car il est vain de penser débloquer toutes les améliorations d’armes et de pouvoirs en une seule partie. Il sera nécessaire de faire des choix et le joueur personnalisera ainsi son approche.

Bon voyage !
En termes d’atmosphère, les connaisseurs de la série se sentiront bien loin de la cité sous-marine et décadente de Rapture. Columbia est à l’apogée de sa puissance et luit d’un éclat splendide aux teintes sépia. La bande originale et l’ambiance délicieusement retro, flirtant avec le courant steampunk, nous transportent dans une odyssée puissante et onirique qui marque durablement notre imaginaire. La folie des événements emmène le héros et sa proie, devenue son alliée, au plus profond de la noirceur humaine. Laissez-vous aller…

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